TEXTES

Experience sensorielle...

08/10/2016

S’abîmer dans les peintures de Barbara Dasnoy est une expérience sensorielle unique. En effet, l’artiste nous invite à nous égayer dans les différents espaces qui composent ses toiles. Les lignes, les trames, les transparences, les recouvrements, les découvrements, les jeux de plans nous transportent dans l’univers de la couleur et de la forme.

Cette allemande d’origine installée à Besançon depuis de nombreuses années et diplômée de l’ERBA (École régionale des Beaux-Arts de Besançon), aime à transcrire dans son art réminiscences et souvenirs. Ainsi dans le réseau complexe de lignes qui anime ses compositions, le souvenir devient un sujet réel. L’invisible prend corps dans la couleur, dans la matière. C’est peut-être cela « être abstrait avec des souvenirs » comme le disait Paul Klee. Cependant face au travail de Barbara Dasnoy, le clivage entre abstraction et figuration se fait subtil. Il y a cette force du dessin bien palpable. Nous ressentons dans chaque composition l’importance du trait et de la ligne, la portée de l’immédiateté du dessin prompt à fixer une idée, une réflexion, une émotion que l’artiste inscrit ensuite dans la pérennité du champ pictural.

Barbara Dasnoy nous laisse ainsi appréhender le visible. Le réseau qui dynamise ses toiles n’est pas sans nous évoquer les vitraux et l’artiste semble être en quête d’une lumière et d’un jeu de transparence qui dotent son travail d’un allant spirituel.

Et que dire du rendu chromatique, de la dimension gestuelle de Barbara Dasnoy qui nous évoque ça et là la puissance de l’expressionnisme abstrait de Rothko. Barbara nous convie à l’instar du peintre américain à un voyage immobile au cœur de la vibration des couleurs, au cœur d’un rythme ténu qui transcende la majesté et le mystère des compositions. Si au premier regard, le travail de Barbara Dasnoy peut nous apparaître ludique, il suffit de laisser notre regard pénétrer la trame pour y lire quelque chose de plus complexe, de plus lyrique. L’artiste y met de son tréfonds et toutes ces révélations qu’elle nous invite à fouiller dans les « sédimentations » de son geste font de ses oeuvres des paysages mentaux.

 

Nathalie Becker, août 2016

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